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Les Franciscains de l’Immaculée à l’épreuve des 3P du pape François
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Les Franciscains de l’Immaculée à l’épreuve des 3P du pape François

Guillaume Luyt
11 mai 2018

Le pape François a adressé le 4 mai 2018 un discours improvisé aux participants à un congrès organisé par la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique (CIVCSVA), les invitant à être « attentifs à la prière, à la pauvreté et à la patience ». Comment, en entendant cette sage exhortation, ne pas penser à toutes les congrégations religieuses, grandes ou petites, dévastées par les interventions maladroites, si ce n’est malveillantes, de cette Congrégation dirigée depuis 2011 par le cardinal Braz de Aviz ?

Prière, Pauvreté et, surtout, Patience

Comment, en particulier, ne pas penser aux Franciscains et Franciscaines de l’Immaculée (FI), qui menaient naguère une vie de prière et de pauvreté exemplaire et font preuve depuis 2012 – car leurs soucis ont commencé sous Benoît XVI – d’une patience tout aussi admirable face à une intervention romaine qui n’en finit pas ? Des Franciscains de l’Immaculée qui continuent de vivre dans l’ignorance de leur sort alors que, depuis que le commissariat de leur institut a été décrété en 2013, aucune accusation clairement énoncée et étayée de preuves n’a été formulée à leur encontre par le Saint-Siège.

Pire encore : tous les procès, judiciaires comme médiatiques, qui leur ont été faits se sont dégonflés faute de fondement. Et certains de leurs accusateurs les plus violents se sont révélés des menteurs patentés, voire des charlatans. Je pense en particulier au couple Loredana Volpi / Mario Pianesi. Cela ne vous dit rien ? C’est normal et c’est pour cela qu’InfoVaticana existe.

Qui sont les accusateurs des Franciscains de l’Immaculée ?

Loredana Volpi est la nièce du RP Fidenzio Volpi, le commissaire apostolique désigné par Rome en 2013, brusquement rappelé à Dieu en 2015. Loredana Volpi est convaincue que son oncle a été empoisonné par des proches du Père Manelli, le fondateur des Franciscains de l’Immaculée. Elle a formulé cette accusation dans un livre qu’elle a remis au Saint-Père lors d’une messe à Sainte-Marthe en novembre 2016. Une accusation invraisemblable mais que la justice italienne a pris au sérieux, finissant toutefois par la classer sans suite en novembre 2017, faute de preuves, là encore.

Un couple d’imposteurs-manipulateurs

Des preuves, en revanche, la justice italienne semble en avoir à l’encontre de l’époux de Loredana Volpi, Mario Pianesi, fondateur d’une chaîne de restaurants macrobiotiques à succès. Depuis mars 2018, il est accusé d’être « le gourou d’une secte » fondée sur un régime alimentaire à son nom (le régime Ma-Pi). À travers l’association « Un Punto Macrobiotico », forte de 80 000 adhérents, Mario Pianesi, son épouse et deux collaborateurs sont accusés d’avoir monté une « psychosecte », manipulant voire réduisant en esclavage les individus les plus fragiles et, bien entendu, les délestant de leurs biens et fraudant le fisc (lire ici par exemple). Rien de moins.

En 2015, le couple Volpi/Pianesi (en Italie, les épouses gardent souvent leur nom de jeune fille), en compagnie d’un troisième larron, Mario Castellano, adressent une lettre aux trois commissaires qui prennent le relais du défunt RP Volpi. Une lettre dont seulement quelques extraits sont disponibles,  complaisamment relayés par Andrea Tornielli, mais dont la lecture est aujourd’hui proprement hallucinante quand on pense à la personnalité de ses auteurs.

Il s’agit en effet d’une injonction faite aux nouveaux commissaires de ne pas se laisser entraîner « sur le terrain judiciaire » car cela profite aux Franciscains de l’Immaculée qui peuvent ainsi mieux « dissimuler leur hérésie doctrinale ». Succulent de la part de ceux qui s’apprêtent alors à recourir à la justice italienne pour accuser le Père Manelli d’avoir fait empoisonner le RP Volpi !

Pire encore, cette lettre est conçue comme un acte d’accusation thélogique contre la supposée dérive anticonciliaire des FI, reprenant ainsi l’accusation de « dérive crypto-lefebvriste » formulée aux débuts de l’intervention romaine par le P. Angelo Geiger, l’un des cinq signataires du recours ayant déclenché l’intervention romaine contre l’institut. On y lit, par exemple : « Quand on en arrive à mettre en cause la validité même de la messe telle qu’elle est habituellement célébrée dans l’Église catholique, on met ainsi en discussion l’authenticité même de l’Église, le fait qu’elle soit la communauté authentique des croyants en Jésus-Christ. » Une phrase qui, en soi, n’a rien de discutable mais qui sonne terriblement fausse quand on sait qu’elle a été signée par un couple publiquement occupé à promouvoir une philosophie mi-écolo mi-orientalisante pour mieux vendre sa cure macrobiotique et par un troisième individu, Mario Castellano, dont il est temps de dire un mot.

Le troisième larron ami des sandinistes

Mario Castellano est l’un des plus prolifiques auteurs d’articles hostiles au Père Manelli et aux Franciscains de l’Immaculée. Tout d’abord sous couvert d’anonymat, via le blog « La Vérité sur le Commissariat des FFI », puis publiquement sur le site « Il Faro di Roma ». Connu dans sa ville d’Imperia comme un catholique pratiquant, neveu d’un ancien archevêque de Sienne, Mario Castellano appartient à cette génération de jeunes catholiques italiens fascinés dans les années 70 par les mouvements populistes, agraires et révolutionnaires latino-américains.

Parti vivre au Nicaragua, Mario Castellano en est revenu avec une épouse et un « inoubliable Maître en matière de questions indigènes et agraires regardant l’Amérique Latine » auquel il a rendu hommage dans un récent article pour « Il Faro di Roma » : Nemesio Porras.

Décédé en 2009, Nemesio Porras Mendieta était un agronome nicaraguayen qui, en 1979, quitta son poste à la FAO (l’organisation alimentaire mondiale) pour rejoindre le gouvernement révolutionnaire sandiniste de Daniel Ortega. Un choix au romantisme repectable mais à la signification politique indiscutable.

Loin de nous l’idée de réduire la question des Franciscains de l’Immaculée à une opposition entre un homme aux sympathies marxisantes et des disciples du farouche adversaire du communisme que fut saint Maximilien Kolbe. Il y a là toutefois matière à réflexion.

Loredana Volpi, Mario Pianesi, Mario Castellano : voici les accusateurs publics des Franciscains et des Franciscaines de l’Immaculée, un couple de gourous manipulateurs et un auteur aussi prolixe que prolifique fasciné par les luttes révolutionnaires latino-américaines.

Pauvres Franciscains et Franciscaines de l’Immaculée ! Que de prières devons-nous élever pour eux… Et de combien de patience devront-ils encore faire preuve avant de pouvoir bénéficier de la miséricorde romaine ?

Guillaume Luyt


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