Infovaticana
Tout commence au pied de la crèche
a1, Billet franciscain

Tout commence au pied de la crèche

Redaction
20 novembre 2018

Parce que la spiritualité franciscaine ne saurait se limiter à nous montrer la voie « d’un développement durable et intégral » face au « défi environnemental » (Laudato si’), InfoVaticana a demandé à un frère franciscain de nous livrer régulièrement un billet éclairant l’actualité d’un regard inspiré par la conformation à la vie du Séraphique.

Le temps de l’Avent est désormais tout proche. Il est l’occasion d’honorer une tradition populaire catholique parmi les plus universelles : la crèche. Cette tradition est d’autant plus importante qu’elle dispose d’un sanctuaire en Italie à Greccio. Agrippé à flanc de montagne, ce sanctuaire franciscain nous rappelle le miracle de Noël 1223 qui a vu l’animation du petit Jésus de la Crèche au moment où saint François le prenait dans ses bras pour le proposer à la dévotion des fidèles.

Saint François lui-même faisait de la grotte de Bethléem le sujet de ses méditations car, disait-il, il voulait imiter la pauvreté de l’Enfant-Jésus et de sa Sainte Mère. Il avait bien compris que pour imiter, il fallait d’abord contempler, et que seules les réalités divines valent la peine de la contemplation. Dans sa proximité familiale et familière, la crèche nous appelle à ne pas oublier ce qu’elle est vraiment : le lieu que Dieu lui-même s’est choisi pour venir à la lumière et manifester ainsi la vanité d’un quelconque règne de ténèbres.

Ne nous trompons pas de direction : la crèche nous appelle à lever les yeux de la foi vers le Ciel tandis que les yeux du corps se penchent sur l’Enfant-Jésus. En effet, nous avons là la seconde personne de la Trinité qui choisit une humble étable comme son premier trône… car il est roi comme nous le rappelle à leur tour les rois mages. Et son règne est absolu, il est même le seul à être légitimement absolu parce qu’il vient d’en haut.

La grande leçon de saint François est qu’il a parfaitement compris le symbole de la crèche : la pauvreté qui y est exprimée ne saurait en aucun cas proposer une solution à nos problèmes terrestres, car ils ne sont que partiels. Dans la crèche c’est l’Absolu qui vient nous visiter. La pauvreté proposée est donc absolue : elle est le détachement ordonné des réalités terrestres car elles ne sont – au mieux – que l’instrument d’un contact avec les réalités célestes. Ce qu’unit la crèche ce ne sont pas des réalités terrestres entre elles (la paix, la concorde…) c’est le Ciel et la terre, et cela par pure grâce de Dieu. De cette condescendance divine devrait naître dans nos âmes une immense gratitude.

Ω

Redaction