Infovaticana
172 jours après
a2, Articles, Revue de presse

172 jours après

Redaction
21 février 2019

Près de six mois après la publication de la note de Mgr Viganò sur l’affaire McCarrick, les présidents et représentants des conférences épiscopales sont réunis à Rome pour un « sommet » qui débute aujourd’hui et qui semble devoir ignorer totalement la question de la complaisance ecclésiastique envers l’homosexualité, élément expliquant pourtant la majorité des cas d’abus sexuels commis par des hommes d’Église. Voici un éclairage sur le sujet, sous forme de revue de presse romaine.

Depuis le début de la semaine, l’actualité romaine est dominée par le sommet sur la crise des abus sexuels dans l’Église qui s’est ouvert aujourd’hui (ici le site officiel, en italien et en anglais). Faisons d’abord une remarque de pure forme : il ne s’agit pas là du Synode des évêques, organisme permanent du Saint-Siège qui obéit à des règles auxquelles même un pape doit se soumettre, mais d’une réunion ad hoc, privée de tout fondement institutionnel et canonique. Comme ce sommet a été convoqué dans un climat de défiance généralisée, on comprend que ses organisateurs – qui ont décidé du choix des participants, de ses règles de fonctionnement, de son contenu, du mode de communication – aient voulu en contrôler les moindres détails. Jusqu’aux conclusions ?

Considérant la gravité du sujet, il est toutefois permis de s’interroger sur l’opportunité d’une telle initiative et la première conférence de presse officielle a donné le ton. Comme le rapporte Vatican Insider (site dont est issu Andrea Tornielli, le nouveau patron de l’information vaticane), selon le cardinal Cupich (archevêque de Chicago), les abus sur mineurs n’ont rien à voir avec l’homosexualité. Le même article signale pourtant que 80 % des victimes sont des adolescents de sexe masculin. Mais le cardinal Cupich a une autre explication : les abus auraient à voir avec… le trop bas niveau d’instruction du clergé. Les jours qui viennent vont peut-être nous éclairer sur cette curieuse théorie : les prêtres seraient-ils donc trop peu instruits ? En quoi ? Si c’est en matière morale, ce serait là un premier aveu de ce que l’abandon du thomisme et de l’enseignement traditionnel au profit de la psychologie a été non seulement une erreur mais aussi une faute… Une journaliste à la Rai, proche du Chemin néocatéchuménal, nourrit d’ailleurs de sérieux doutes sur ce sommet, car elle remarque que Cupich utilise des mots et des thèses caractéristiques de la secte LGBT.

Une dimension qui paraît tragiquement absente des débats est effectivement la formation à la chasteté des prêtres. Comme l’avait déjà relevé Monseigneur Carlo Maria Viganò dans sa lettre qui fit tant de bruit le 26 août dernier : « La vertu de chasteté doit être restaurée dans le clergé et dans les séminaires ». Mais de cela personne – ou presque – ne parle. Pire une certaine presse mainstream sous-entend que les prêtres doivent avoir une activité sexuelle de type vénérien, comme cet éditorial du New York Times. À ce point, la doctrine chrétienne sur les actes homosexuels est intégralement renversée : ce qui est contre nature serait de ne pas s’unir charnellement à une personne de même sexe lorsque on en ressent un certain désir. À qui raisonne ainsi, même la fidélité dans le mariage devient contre nature.

Si nous pouvons admettre que certains non-catholiques ne comprennent pas le sens de la chasteté sacerdotale, il est du devoir de tout catholique – et encore plus de ses chefs légitimes – d’en affirmer la beauté et la nécessité. C’est le sens de l’appel lancé par les cardinaux Burke et Brandmüller dans une lettre ouverte publiée par L’Homme Nouveau : « Telle une plaie, la cause homosexuelle se répand dans l’Église, promue par des réseaux organisés et protégée par un climat de complicité et d’omertà ». Au moins les choses sont appelées par leur nom… Ne croyons pas que cet appel soit lancé dans le vide car il a été relayé par des média institutionnels, au moins en langue anglaise et en langue italienne.

Une initiative médiatique de laïcs catholiques est à relever : le mardi 19 février un rassemblement silencieux en rapport avec le début du sommet a été organisé place San Silvestro à Rome. Une vidéo de l’événement est à regarder ici. S’est ensuivie une conférence de presse avec l’intervention de sept représentants du monde catholique laïc, dont Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance Catholique, pour la partie francophone. Le texte des interventions est disponible en langue italienne sur le site de Marco Tosatti, présent à la conférence de presse. Sans attirer la foule de la conférence de presse officielle, différents médias et journaux étaient présents : ABC News et The Tablet pour le monde anglophone, l’AFP et France 24 pour le monde francophone, parmi d’autres. Outre les interventions préparées, l’intérêt de cette conférence de presse a résidé dans les questions et réponses qui ont suivi. John Smeaton, directeur d’une association pro-vie britannique, a notamment souligné l’importance de la famille dans la question des abus sexuels sur mineurs. Citant l’exemple du Royaume-Uni, il a rappelé que c’est aux parents d’enseigner aux enfants la vérité sur la sexualité humaine selon le plan de Dieu – la loi naturelle en somme – et pas à l’État : mettre certains manuels d’éducation sexuelle sous les yeux des enfants – parfois dès l’âge de 4 ans – relève d’un véritable abus moral, si ce n’est, déjà, sexuel. Quel évêque aura le courage de défendre cette évidence ?

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