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Saint François et la prière des simples
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Saint François et la prière des simples

Redaction
12 avril 2019

Lorsque saint François écrit sa règle, que l’Église approuvera en 1223, la communauté franciscaine est déjà nombreuse, au point de compter déjà des provinces instituées ! L’ordre franciscain est également déjà divisé en deux grandes catégories : les clercs et les frères laïcs.

Souvent de condition modeste, ces derniers ne savent pas lire, du moins la plupart d’entre eux. Or, dans le troisième chapitre de la règle, saint François invite les siens à la lecture de l’office divin et du bréviaire : pour les clercs, c’est même une obligation. Comment, sans savoir lire, ses frères laïcs peuvent-ils alors s’acquitter d’un tel devoir ?

En pratique, saint François leur demande simplement de s’unir à la prière liturgique en récitant un certain nombre de Pater Noster – la prière du Christ – suivant les heures canoniques (matines, laudes, prime, tierce, sexte, nones, vêpres et complies). Cependant, comme la règle impose aussi de prier pour les défunts, mais sans préciser la forme de cette prière, un certain nombre de frères demandèrent à saint François de leur enseigner à prier continuellement. Après leur avoir répété le Pater Noster, il leur donna donc cette belle prière : « Nous vous adorons, ô Christ, ici et dans toutes les églises qui sont dans le monde entier, et nous vous bénissons car vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix. »

En latin, il est encore aujourd’hui fréquent d’entendre réciter lors du pieux exercice du Chemin de Croix l’oraison Adoramus te Christe et benedicimus tibi, quia per Sanctam Crucem tuam redemisti mundum. D’origine liturgique, cette antienne latine se trouvait en effet déjà dans l’office de la Croix (14 septembre) à l’époque du Père Séraphique. L’ajout de la mention du lieu – « ici et dans toutes les églises » – semble de saint François lui-même.

Saint Bonaventure signale dans la Légende Majeure que la dévotion de saint François envers la sainte Croix était débordante et qu’il apprenait à ses confrères à réciter cette prière à peine voyait-il une croix au loin, ou même quelque disposition naturelle qui rappelait la forme de la croix, comme deux branches d’arbre entrecroisées ! Ainsi même en mission sur les routes, les frères franciscains les plus simples pouvaient-ils s’exercer à la prière continuelle.

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