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Anéantissement du droit canon : la preuve par les Franciscains de l’Immaculée
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Anéantissement du droit canon : la preuve par les Franciscains de l’Immaculée

Redaction
14 avril 2019

Le 30 mars 2019, une dépêche de l’ANSA, l’AFP italienne, a rendu compte d’une décision de justice favorable aux proches du P. Manelli, fondateur déchu des Franciscains de l’Immaculée. Le tribunal de Rome a en effet condamné l’héritière de feu le père Volpi et la congrégation des Franciscains de l’Immaculée (FI) à exécuter les termes d’une médiation qui remontait à 2014.

À l’époque, le tribunal de Rome avait été saisi d’une plainte en diffamation contre le P. Volpi, qui était alors le commissaire pontifical de cette congrégation. Il lui était reproché d’avoir, dans une lettre circulaire datée du 8 décembre 2013 et envoyée à tous les couvents FI (lire ici), attenté à l’honneur des membres de la famille du père Manelli, ex-supérieur général des FI, en les accusant, sans preuve aucune, d’avoir détourné de l’argent et des biens appartenant à cette congrégation. Plutôt qu’un procès, les parties adverses avaient opté pour une médiation judiciaire. Conclue le 12 février 2014, celle-ci prévoyait un dédommagement des victimes à hauteur de 20 000 euros et l’obligation faite au père Volpi de rendre publics les résultats de ladite médiation – en spécifiant en particulier que ses accusations étaient absolument sans fondement.

Cependant, après avoir initialement donné son consentement à cet arrangement qui lui évitait un procès qui aurait sans aucun doute offert une tribune aux victimes de la répression vaticane, le P. Volpi avait finalement refusé de s’y soumettre, prenant prétexte de la diffusion de l’information sur un blog italien. L’argument était étrange si l’on songe que la médiation prévoyait, comme on l’a vu, la publication d’un démenti – à la fois par le biais d’une nouvelle circulaire à tous les couvents FFI que par celui d’une brève sur le site officiel de l’institut.

La diffamation n’ayant pas été retirée, les proches du P. Manelli ont continué à demander l’exécution des termes de la médiation après le décès du père Volpi, survenu le 7 juin 2015. Comme le triumvirat de commissaires qui a succédé au P. Volpi n’a pas jugé utile de s’y plier, la justice italienne a donc finalement dû prononcer une condamnation exécutoire à l’encontre de l’institut et de l’héritière du défunt commissaire (qui n’en est pas à sa première déconvenue judiciaire).

En soi, ce jugement est un rude coup pour le Saint-Siège car il confirme indirectement que la gestion des biens de l’institut par des tiers ne constitue en aucun cas un délit aux yeux de la justice italienne. Or la congrégation pour la vie consacrée et le P. Volpi avaient fait de cette gestion externe des finances des FI l’argument principal de leur action contre le père Manelli. En fait, mais il est fou que ce soit la justice civile à devoir le reconnaître, les Franciscains de l’Immaculée n’ont fait que respecter, de façon radicale, le vœu de pauvreté franciscain.

Au-delà du fait qu’il est clair que, depuis l’origine, les commissaires du Saint-Siège n’ont eu d’autre stratégie que la diffamation et le pourrissement, dans l’espoir d’une condamnation, civile ou pénale, du père Manelli, afin de justifier a posteriori une intervention disciplinaire dont les motivations n’ont jamais été clairement exposées, ce rebondissement confirme deux éléments inquiétants :
– l’enquête préalable au commissariat des FFI n’a pas été correctement menée car elle n’a pas pu mettre en valeur les éléments graves qui auraient pu justifier leur mise sous tutelle,
– ensuite et plus largement, les ecclésiastiques sont de plus en plus à la remorque de la justice civile : à quoi servent donc les tribunaux et les lois ecclésiastiques ?

Redaction