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Les mains du prêtre
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Les mains du prêtre

Redaction
8 mai 2019

Il est un trait de la personnalité de saint François que certains oublient volontiers : l’immense respect que le simple diacre qu’il était nourrissait pour le sacerdoce catholique. S’il est de bon ton de rappeler que les premiers franciscains étaient de simples laïcs, il est rare d’entendre l’histoire du prêtre Sylvestre, ecclésiastique converti par la pauvreté empreinte de simplicité de saint François.

Son histoire est édifiante : après avoir aidé saint François à reconstruire l’église de saint Damien en lui donnant des pierres, Sylvestre fut pris par le démon de l’avarice et réclama le prix de ces pierres au Père Séraphique. Stupéfait devant l’empressement de saint François à lui régler cette fausse dette et conquis par une vision dans son sommeil, il finit par faire pénitence et entrer dans l’ordre des franciscains après avoir abandonné tous ses biens matériels.

Au-delà de la personne de Sylvestre, saint François manifestait un immense respect pour tous les ministres sacrés de l’Église Catholique, comme l’écrit Thomas de Celano : « Il vénérait les prêtres et embrassait tout l’ordre ecclésiastique d’une extrême affection. » Saint François n’attendait pas que les prêtres lui manifestent quelque sympathie pour leur montrer son respect. Le fondement de cette dévotion est avant tout surnaturel, aussi invitait-il instamment ses frères « à tenir en révérence les prêtres qui administrent ces vénérables et très hauts sacrements et, en quelque lieu qu’ils les rencontrent, à fléchir le chef devant eux et à leur baiser la main ».

Dans certaines parties du monde (Portugal, Italie…), l’usage d’embrasser les mains du prêtres lorsqu’on le salue est encore vivace et témoigne de l’onction reçue à l’ordination. Les mains du prêtre sont le moyen voulu par Dieu pour administrer les sacrements, canal ordinaire de la grâce divine : non seulement saint François ne l’ignorait pas mais il entendait que ses confrères le manifestent de quelque manière, quel que soit l’état moral du prêtre. Les exemples foisonnent dans la vie de saint François : c’est ainsi qu’il rendait grâce à Dieu pour le don immense du sacerdoce catholique.

Redaction