Infovaticana
Pauvreté franciscaine et charité
a1, Articles, Billet franciscain

Pauvreté franciscaine et charité

Henri Maximilien
16 août 2019

Comme toute vertu la pauvreté franciscaine doit être ordonnée. Sur le sujet, il convient bien évidemment rappeler le fameux hymne à la charité de saint Paul (1 Co 13, 1-13) … sans oublier de prendre le mot « charité » dans son sens catholique. Le catéchisme de l’Église Catholique nous donne une définition en termes éloquents, quoique souvent oubliés aujourd’hui : « la charité nous porte à rendre à Dieu ce qu’en toute justice nous lui devons en tant que créatures » (CEC, 2095). Cette définition a l’immense mérite de rappeler que l’objet de la charité est Dieu lui-même : nous aimons Dieu, et à travers Lui nous nous aimons nous-mêmes et nous aimons notre prochain.

Lorsque saint Paul parle de la charité il entend bien évidemment parler de l’amour de Dieu, du Dieu unique qui nous a créés et qui a envoyé Son propre Fils dans le monde pour nous réconcilier avec Lui par le don du Saint-Esprit qui œuvre à la sanctification des fidèles.

Saint Paul dédie un court passage de son hymne au thème de la pauvreté : Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, […] si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien (v. 3). La vie de saint François a saisi cette profonde vérité en un saisissant raccourci. Il a tout donné et a décidé d’être le « héraut du grand roi » selon ses propres termes et cela le remplissait de joie. S’il s’était arrêté à la première étape, la pauvreté franciscaine se serait limitée à une sorte d’exercice purement humain et l’orgueil aurait certainement tout ruiné.

Le bienheureux Thomas de Celano, premier biographe officiel de saint François, rapporte une anecdote à propos de la première maison de saint François et de ses quelques compagnons : la première vie commune franciscaine s’était organisée dans une cabane à Rivotorto, dans la plaine d’Assise, lorsqu’un paysan – qui avait peur que les frères, dont le nombre grandissait, ne se mirent à y construire d’autres maisons – décida d’y installer son âne. Comme la cabane ne lui appartenait pas, saint François accepta de la quitter. Et Thomas de Celano de conclure : « Il ne voulait rien avoir en propriété, pour pouvoir tout posséder plus pleinement dans le Seigneur. »

L’obsession de saint François était bien l’intimité avec Dieu : la pauvreté radicale n’est donc pour lui – et ne devrait être pour les franciscains – qu’un instrument radical pour atteindre ce but. La Haute Pauvreté de saint François ne se comprend que si elle est orientée vers le Très-Haut.

Henri Maximilien