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Saint François, une pauvreté cosmo-théologique
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Saint François, une pauvreté cosmo-théologique

Henri Maximilien
18 septembre 2019

Derrière l’apparente barbarie d’un tel titre se cèle l’authenticité profonde de la pauvreté vécue par saint François d’Assise. À tout le moins un certain aspect de cette pauvreté.

Notre époque de spécialistes cultive, parfois sans vraiment s’en rendre compte, un détachement des réalités dont la connaissance permet pourtant de se forger une vision du monde de grande ampleur. Certains des discours actuels qui se veulent franciscains oublient facilement que saint François a choisi la pauvreté pour imiter Notre Seigneur et Sa Très Sainte Mère, selon ses propres termes. Le – réel – mépris du monde manifesté par saint François n’est pas le point de départ mais le terme de son parcours de pauvreté : il ne se fait pas pauvre pour changer le monde mais bien pour s’en détacher et mieux se convertir. Il ne se fait pas pauvre pour dénoncer le pouvoir du dieu-argent mais pour servir d’abord le seul vrai Dieu.

Un bel exemple de la vision globale du monde à partir de la pauvreté nous est donné par saint François lui-même. Malade, le Père Séraphique devait se rendre à Assise pour se faire soigner. Des chevaliers de sa ville natale lui proposent de l’accompagner – peut-être pour s’assurer qu’en cas de décès le corps demeure à Assise car saint François avait déjà une solide réputation de sainteté. Lors d’une halte dans un village de la plaine d’Assise, les chevaliers tentent d’acheter de la nourriture auprès des habitants. Devant l’insuccès de l’entreprise, saint François les encourage à faire plutôt l’aumône pour l’amour de Dieu. Divine surprise ! Par ce moyen, les chevaliers obtiennent bien plus qu’ils ne l’espéraient.

Saint François leur livre alors le grand secret : il faut savoir demander l’aumône et offrir en retour l’amour de Dieu puisque « après le péché, tous les biens que le Père Céleste a créés pour l’usage de l’homme sont concédés gratuitement, à titre d’aumône, aux dignes et aux indignes, en raison de l’amour de son Fils bien-aimé ». Par l’exercice effectif de la pauvreté volontaire, saint François retrouve la condition humaine et sociale que Dieu a voulu après le Péché Originel : la bonté de Dieu s’exerce sur les justes et les injustes pour que tous puissent la reconnaître et ainsi se convertir par les mérites que Jésus obtint par sa Passion.

La pauvreté n’a de sens que si elle est universelle… catholique en grec.

Henri Maximilien