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Que s’est-il (vraiment) passé entre saint François et le Sultan ?
a1, Articles, Billet franciscain

Que s’est-il (vraiment) passé entre saint François et le Sultan ?

Henri Maximilien
22 octobre 2019

L’actualité récente a fait ressortir la figure de saint François comme une sorte de champion du « vivre-ensemble » à tonalité religieuse, un vague super-héros du dialogue entre les religions. À dire vrai, cela dure depuis maintenant quelques décennies, et les hérauts d’un franciscanisme accommodant avec la doctrine catholique de l’unicité et l’universalité du salut en Jésus-Christ (*) font plus figure de vendeurs de vieilles lunes que d’exégètes éclairés.

Le fondement de tout cela est la rencontre entre saint François et le sultan al-Malik Al-Kamil en 1219 à Damiette. À la lecture de l’épisode dans la plupart des biographies du saint d’Assise il n’y a pas de mention explicite de conversion à la foi catholique du mahométan – à la joie débordante des apôtres du vivre-ensembliste… C’est toutefois mal connaître le contexte !

En réalité, il est parfaitement clair que saint François désire aller en Orient pour gagner de nouveaux peuples à la foi chrétienne. Ce désir est signalé explicitement par plusieurs biographes dont Thomas de Celano et saint Bonaventure. Ce dernier, dans sa Légende Majeure, rapporte l’épreuve du feu proposée par saint François aux « prêtres » du sultan : ceux qui entrent dans le feu sans en souffrir sont dépositaires de la vraie foi. Mentionnée par d’autre auteurs cet épisode est profondément cohérent avec l’ardeur qui habitait saint François et son grand désir de voir Notre Seigneur Jésus-Christ, l’Homme-Dieu, reconnu comme Unique Sauveur par tous les peuples de la Terre. Par ailleurs un texte va encore plus loin : il s’agit des Actes du Bienheureux saint François, écrits environ un siècle après sa mort. Ce texte nous apprend que le sultan fut baptisé sur son lit de mort lorsqu’il fut visité par deux frères franciscains miraculeusement envoyés par saint François lui-même. Encore une fois, certains pourraient objecter que c’est le seul texte témoin d’un épisode qui, s’il était vrai, n’aurait pas manqué d’être conté par d’autre auteurs. C’est possible, mais si l’on considère la glorieuse geste missionnaire des fils de saint François qui n’ont pas hésité à tout quitter pour annoncer Jésus-Christ sur les routes du monde et baptiser des peuples entiers au Nom du Père du Fils et du Saint-Esprit, nul ne peut affirmer que ce récit de conversion ne puise son inspiration aux sources de l’authentique spiritualité du Père Séraphique, saint François.

(*) Unique sauveur ainsi que deuxième personne de la Sainte Trinité qui a assumé la nature humaine.

Henri Maximilien