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Dieu d’abord… ou Dieu seul ?
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Dieu d’abord… ou Dieu seul ?

Henri Maximilien
25 novembre 2019

Saint François d’Assise subit depuis de nombreux siècles le sort réservé à son Seigneur et Maître Jésus-Christ : sa mémoire est invoquée pour justifier des idées qui lui sont parfaitement étrangères.

La grande fraternité entre les religions est un peu la « tarte à la crème »’ de saint François aujourd’hui : sa rencontre avec le Sultan à Damiette en 1219 nous est servie jusqu’à la nausée comme l’anticipation des grands projets inter-religieux actuels, comme le témoin d’un vivre-ensemble dont il est aisé de démontrer que saint François en ignorait le mot et même le concept.

La règle de saint François est parfaitement claire : la fraternité naissante est réservée aux catholiques qui ne sont pas suspects d’hérésie. À cette même fraternité saint François assigne la mission d’annoncer le Christ, seconde personne de l’Auguste Trinité, incarné dans le sein de la Vierge Marie par la puissance du Saint-Esprit, mort et ressuscité pour nous ouvrir les portes du Ciel que le péché originel nous avait fermées.

La pauvreté intervient ensuite : comme un élément fondamental d’imitation de Jésus-Christ pour les Frères Franciscains ; et de témoignage de la fugacité des biens terrestres pour tous les autres, en vue de les inciter à s’attacher aux seuls biens qui passent la frontière de la mort, à savoir les vertus qui font déjà expérimenter sur terre l’union à Dieu par le moyen de la grâce. La règle de saint François est explicite sur les deux points suivants : la prédication sur les Fins Dernières – et donc la nécessité de la conversion – et le refus de condamner les riches en raison de leur richesse.

En d’autres termes, les projets de saint François n’ont d’autre visée politique que de guider les âmes à Dieu, au seul vrai Dieu. On ne voit pas dans sa vie ou ses écrits une ambition terrestre, même pas une ambition qui serait la conséquence de la réussite de sa prédication : saint François promeut la pauvreté par amour du Christ et rien n’indique qu’il en espère ou attend une quelconque amélioration sociale. Dieu seul doit suffire et celui qui veut s’inspirer de saint François doit pouvoir s’écrier avec lui : Mon Dieu et mon tout !

Le reste – la paix, la concorde, l’amitié entre les peuples, etc – sera donné par surcroît.

Henri Maximilien